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Chapitre 1- Titelle, au coeur des nuages

By 16 septembre 2020septembre 30th, 2020Atelier, Non classé

Titelle, la tête dans les nuages

 

Sur cette grande île volante de la Douane-Est, tout au bord du vide, se trouve un phare. Il est tellement immense qu’il semble toucher les nuages. Comme tous les phares, celui-ci permet aux navires de se repérer. Mais pas n’importe quels navires : des bateaux volants ou des dirigeables !
En se baladant sur l’île, si tu observes cette grande tour aux multiples feux, il y a de fortes chances que tu aperçoives une femme, jumelles à la main qui scrute les environs. C’est Titelle, la gardienne du phare. Tu peux lui faire signe, elle doit sûrement être occupée à t’observer !

Par contre, ne t’attends pas à ce qu’elle te fasse signe en retour. Elle est bien trop grincheuse ! Elle préfère rester seule. C’est comme si chaque jour, elle se levait du pieds gauche ! La seule compagnie qu’elle tolère est celle des échassiers qui viennent faire leur nid sur son toit : des cigognes, parfois des hérons. A chaque repas, elle partage avec eux : croquettes de limace et nuggets de poisson !

Même si ces grands oiseaux occupent la plupart de son temps, ce sont surtout ses voisins qui rythment ses journées. Tous les jours à la même heure, elle regarde

tel ou tel habitant. Elle connait chacun d’entre eux, leurs habitudes, leur moindre secret. Si elle avait eu l’âme d’une auteure à scandale, elle aurait pu lancer un magazine appelé « Les potins de Volarela ».

Parfois Titelle, entre deux espionnages, s’appuyait sur la balustrade, observant le ciel. Elle admirait ses compagnons ailés planer et prendre de la hauteur. Elle s’imaginait alors, voler avec eux… Elle en rêvait même dans son sommeil.

 

D’ailleurs, le soir-même, lorsque Titelle s’endormit, elle rêva une fois de plus qu’elle volait avec ses oiseaux, elle souriait. Elle n’avait tellement pas l’habitude de sourire que si quelqu’un avait pu la voir à ce moment-là, personne ne l’aurait reconnu ! La gardienne sentait le vent fouetter son visage. Elle se sentait si bien, si légère. Elle planait.

Mais un bruit violent vint interrompre son voyage céleste ! Sa curiosité était bien trop grande pour tenter de se rendormir comme si de rien n’était. Et ce, malgré le ravissement que lui avait apporté son sommeil.  Elle s’empara de ses jumelles et se dépêcha de sortir sur le balcon de veille. Elle scrutait les alentours cherchant l’origine de ce bruit mais impossible de voir quoique ce soit ! Incroyable ! Le phare baignait dans un étrange et cotonneux brouillard. La Gardienne n’avait jamais vu ça. Et alors qu’elle n’avait que peu de contact avec les autres, c’était la première fois qu’elle se sentait aussi seule. Comme si, elle venait d’être coupé du monde extérieur. Comme si elle était devenue aveugle…

Elle faisait, affolée, les cent pas sur son balcon, cherchant désespérément une ouverture dans cette brume épaisse quand soudain, cette grosse barbe à papa blanche s’éloigna. Elle comprit alors que cette ouate n’était en fait… qu’un nuage ! Le phare éclairait l’horizon. La rêveuse ou la grincheuse, selon les moments, n’en croyait pas ses yeux. Elle ne voyait que des nuages. Des nuages à perte de vue. Son île avait disparu…

L’histoire t’a plu ? Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir la suite ! 🙂

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